La Cour
Au sommet du Dominion des Cimes trône Aetherion, la capitale impériale, une forteresse colossale d’onyx poli et d’acier recyclé, perchée sur les immeubles les plus titanesques restaurés avec une opulence défiant le vide en contrebas. Ses flèches élancées percent les nuages perpétuels, ses terrasses verdoyantes abritent jardins suspendus et ports aériens grouillants de dirigeables aux voiles claquant comme des bannières.
Au cœur de cette citadelle flotte la Cour impériale, un monde clos d’opulence vénéneuse et de poison distillé où se joue l’équilibre précaire du pouvoir entier. Banquets grandioses sous des voûtes illuminées par des lustres de cristal recyclé, alliances scellées dans l’ombre des alcôves tapissées de soieries, rumeurs murmurées derrière des éventails brodés d’or : ici, chaque mot, chaque regard peut élever une maison noble au firmament ou la précipiter dans l’oubli.
L’Empereur et l’Impératrice règnent en théorie sur l’ensemble des Cimes, mais leur autorité vacille sous le poids de l’isolement croissant du souverain et des ambitions voraces qui rongent la Cour de l’intérieur. C’est à la fois le joyau scintillant du Dominion… et sa fracture la plus profonde, la plus dangereuse, où la beauté cache souvent les fissures d’un empire au bord du gouffre.
L’Impératrice
L’Impératrice incarne la splendeur inébranlable et la fermeté calculée du trône, une figure de beauté presque irréelle, cheveux sombres cascadant comme une nuit étoilée, peau pâle illuminée par les reflets des torches, silhouette élancée drapée de robes aux tissus précieux, qui aimante les regards et impose un respect immédiat dans chaque assemblée, transformant la salle du trône en un théâtre où elle est à la fois actrice principale et metteur en scène.
Radieuse et calculatrice à la fois, elle préside la Cour quotidiennement avec une grâce irréelle et une autorité qui ne souffre aucune contestation, recevant ambassadeurs des cimes lointaines chargés de présents exotiques, marchands influents aux coffres débordants de reliques, et seigneurs ambitieux aux sourires mielleux, dans la grande salle du trône où l’air embaume l’encens rare, les vitraux anciens projettent des éclats multicolores sur le marbre poli, et les tapisseries ondulent légèrement comme si elles retenaient leur souffle.
Pourtant, les murmures les plus intimes, glissés dans les alcôves ou derrière les éventails, évoquent une nostalgie ancienne pour un amour sincère aujourd’hui brisé par les intrigues et les ambitions mutuelles, et une culpabilité cachée, profonde et dévorante, face à l’isolement croissant de l’Empereur, comme si elle portait seule le poids d’un cercle infernal qu’ils ont tous deux contribué à forger, un regret qui traverse parfois son regard acéré quand elle contemple les balcons vides en vis-à-vis.
L’Empereur
L’Empereur, autrefois charismatique et visionnaire, figure unificatrice d’un Dominion naissant des ruines d’un monde effondré, incarnation d’un espoir fragile qui avait su rallier les cimes dispersées autour d’une bannière commune, s’est retiré depuis des années dans le dédale sombre et oppressant de ses appartements privés, devenant une ombre invisible, presque mythique, aux yeux de la Cour et du peuple qui ne le connaît plus que par des récits déformés.
Les rumeurs foisonnent dans les couloirs de marbre poli, portées par les murmures des serviteurs et les chuchotements des courtisans : une maladie incurable le rongeant lentement de l’intérieur, une plongée délibérée dans des plaisirs décadents et interdits au milieu de formes sensuelles indistinctes et oppressantes, ou pire encore, une transformation mystérieuse, insidieuse, liée aux murmures corrupteurs de l’Abîme, un pouvoir étrange sur les probabilités ou le destin que certains voient comme une malédiction divine, d’autres comme une révélation prophétique annonçant un nouvel ordre pour l’humanité.
Son autorité reste théoriquement absolue, soutenue par des gardes écarlates impassibles et muets qui bloquent toute approche avec une fermeté inébranlable, et par des décrets rares mais implacables, proclamés par des messagers pâles aux voix rauques, émergeant brièvement des ombres pour imposer la volonté impériale.
Pourtant, son absence prolongée, ce silence qui pèse comme un linceul sur la forteresse, crée un vide béant et dangereux que les ambitieux, seigneurs avides, intendants rusés et factions montantes, cherchent à combler par des complots feutrés et des alliances secrètes, transformant son nom en un symbole autant craint que contesté, un fantôme planant sur la Cour comme un rappel constant et glaçant de la fragilité du trône, où l’amour ancien avec l’Impératrice semble s’être brisé sous le poids des ambitions mutuelles et des regrets inexprimés.
Courtisans et Intrigues
La Cour est un essaim incessant et bruissant de nobles héréditaires, d’intendants rusés, d’ambassadeurs des guildes puissantes et de favoris éphémères venus de toutes les cimes pour graviter autour du trône.
Alliances fragiles se nouent lors de bals grandioses où les danses masquent les négociations, trahisons se préparent dans les alcôves sombres ou derrière des paravents de soie, et chaque faveur impériale, un titre, un contrat commercial, une audience privée, peut faire ou défaire une fortune familiale en une seule soirée.
Les factions se divisent et se recomposent sans cesse : certains défendent farouchement la tradition impériale et la pureté absolue de l’humanité face aux ombres montantes, d’autres intriguent ouvertement pour plus de pouvoir personnel ou murmurent en secret sur les visions prophétiques de l’Empereur reclus, voyant en son isolement une opportunité divine ou une faiblesse à exploiter.
Rumeurs venimeuses, lettres anonymes glissées sous les portes, espionnes disparues dans les couloirs labyrinthiques et disparitions inexpliquées alimentent une tension permanente, où un simple mot mal placé peut déclencher une crise qui ébranle tout le Dominion.
Les cinq grandes familles
Les Gardes Impériaux
Deux corps d’élite, silencieux et terrifiants, veillent sur la Cour comme des ombres vivantes :
Les Gardes Écarlates de l’Empereur, rares et impassibles, vêtus de livrées rouge sang qui bloquent l’accès à ses appartements comme un mur infranchissable, n’obéissant qu’à des ordres murmurés par des silhouettes pâles et discrètes.
Les Gardes Masqués de l’Impératrice, colosses muets et anonymes en armures ornées de motifs impériaux, capables d’exécuter un conspirateur d’un geste étouffé sous les regards horrifiés de la salle du trône.
Leur présence constante impose un respect glacial et une peur viscérale, rappel incessant que le pouvoir impérial, même affaibli, peut frapper sans avertissement ni bruit, transformant la splendeur de la Cour en un théâtre où la loyauté est testée à chaque instant.
Tensions Actuelles
La Cour vit sous une pression croissante, presque palpable, comme un orage qui gronde sans éclater.
L’isolement prolongé de l’Empereur alimente scissions profondes et complots souterrains : factions anti-mutants, menées par des courtisans influents, exigent une action décisive contre toute rumeur de corruption, tandis que des minorités fascinées murmurent sur son pouvoir comme une vision d’avenir pour l’humanité.
Messages cryptiques livrés par des silhouettes pâles, espionnes infiltrées disparues sans trace, proclamations imminentes et confrontations rares sur des balcons en vis-à-vis font monter la fièvre politique, divisant la Cour en camps irréconciliables.
L’Impératrice, déchirée entre un devoir implacable envers l’Empire et des regrets anciens pour un lien brisé par l’ambition mutuelle, tente de maintenir une unité fragile… mais le Dominion entier retient son souffle, sentant que le prochain décret, la prochaine révélation, pourrait tout faire basculer dans le chaos ou la rédemption.
