Les Abysses

Sous les toits fortifiés du Dominion des Cimes s’étend un royaume interdit : l’Abîme.

Un océan de ténèbres où les bases des gratte-ciels ont disparu sous des siècles de décombres, de végétation mutée et de silence oppressant. Personne n’y descend volontairement. Ceux qui le font – chasseurs de reliques, exilés, ou fous – n’en reviennent pas, le plus souvent.

L’Abîme n’est pas vide. Il respire, il murmure, il attend.

Les Profondeurs Oubliées

Entre les cimes lumineuses et le sol perdu, s’étendent des kilomètres d’étages abandonnés : un labyrinthe vertical de béton fissuré, de verre brisé et d’acier rouillé.

Les ascenseurs figés pendent comme des cages vides, les escaliers s’effondrent en cascades de gravats, et les couloirs autrefois animés ne sont plus que des tunnels où l’air est lourd, fétide, chargé d’humidité et de spores.

La lumière du jour n’y pénètre presque jamais ; seule une bioluminescence verdâtre, émise par des champignons géants et des plantes mutées, éclaire faiblement les lieux, projetant des ombres dansantes qui semblent vivantes.

L’eau suinte des plafonds crevées, formant des lacs stagnants où flottent des reliques d’un autre âge : voitures rouillées, écrans fissurés, meubles ensevelis sous la poussière.

Le vent hurle à travers les brèches, portant des échos lointains – grincements de métal, chutes de pierres, murmures indistincts.

Chaque niveau est plus dangereux que le précédent : les structures s’effritent, les planchers cèdent sans prévenir, et les ponts improvisés par les rares explorateurs sont souvent les derniers vestiges d’une descente fatale.

Descendre dans ces profondeurs, c’est entrer dans un tombeau vivant où le passé de l’humanité pourrit lentement, attendant que le temps – ou quelque chose de pire – achève son œuvre.

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Les Infestés

Au cœur de l’Abîme rôdent les infestés : des abominations nées d’une corruption ancienne, mi-humaines, mi-insectoïdes.

Leur corps mêle chair pâle et chitine dure comme l’obsidienne, leurs membres se terminent par des griffes acérées ou des pattes articulées, et leurs antennes frémissantes sondent l’air à la recherche de chaleur vivante.

Certains conservent des vestiges d’humanité, un torse déformé, un visage à demi reconnaissable, tandis que d’autres sont devenus des essaims ambulants, des scarabées géants ou des araignées titanesques aux yeux mosaïques.

Ils chassent en silence, guidés par l’instinct plus que par la pensée. Leurs cris – râles gutturaux, cliquetis de mandibules, stridulations perçantes – résonnent dans les profondeurs comme un avertissement.

Leur sang verdâtre ronge le métal, leurs œufs pondus dans les cadavres assurent une prolifération incessante, et leur simple présence semble corrompre l’air lui-même.

Personne ne sait exactement d’où ils viennent : mutation d’un virus oublié, malédiction des reliques technologiques, ou évolution forcée dans les ténèbres.

Mais tous savent une chose : une morsure, une griffure, ou une simple exposition prolongée peut transformer un humain en l’un d’eux. Les infestés ne montent que rarement vers les Cimes… Mais quand ils le font, c’est une marée inexorable qui menace tout l’équilibre du Dominion.

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